Djouma « Fleur »

Djouma n’est ni peintre, ni sculpteur, ni photographe, ni plasticien d’aucune sorte. C’est pourtant un artiste hors paire, un génie de la matière, de la couleur, de la forme, de la vie. Il est pépiniériste et apiculteur.

Djouma vit à Sébory, un petit village en plein cœur du Fouta Djallon, région centrale, vallonnée, presque montagneuse et débordante de verdure de Guinée. Région qu’il connaît comme sa poche, où il maîtrise les propriétés médicinales de chaque plante et de chaque fleur, qu’il protège comme sa propre fille.

Après un rapide passage à l’école, son père (qui a aujourd’hui 101 ans, n’a jamais pris de médicament chimique et pète la forme), lui choisit un métier, la couture. Alors Djouma coud pendant un moment, puis part à Conakry, la capitale, où il « vend de la musique » avant de revenir, pas tout à fait convaincu par ces premières expériences, dans sa région natale. A Dalaba, la superbe ville toute proche de son village, haut lieu de villégiature pendant la colonisation et après, il rencontre un Français passionné d’herboristerie qui y a ouvert un hôtel (le Français parti, l’hôtel est aujourd’hui plus ou moins à l’abandon – tristesse). Djouma y plante sa première pépinière, fait des expériences, regarde, écoute, avant de commencer une autre pépinière dans son village de Sébory, celle qu’il développe aujourd’hui (un petit havre de paix). Il s’intéresse aussi aux ruches, car il y a beaucoup d’abeilles dans le Fouta Djallon, et part en France quelques semaines pour se former à l’apiculture.

Passionné et attentif, il tente comme il le peut de lutter contre la déforestation sauvage de la région, replante inlassablement, sensibilise les enfants à ces questions à travers un tas de techniques inventives, s’investit politiquement au sein du mouvement des jeunes du principal parti d’opposition guinéen de Cellou Dalein Diallo (qui a obtenu près de 45% des voix au premier tour des dernières élections présidentielles, contre 18% pour Alpha Condé, pourtant largement réélu au second tour – les mystères de l’arithmétique africaine).

Djouma est donc non seulement un type en or mais aussi un excellent guide de la région, de ses cascades, de ses vallées à perte de vue, de son agriculture, de sa végétation bien sûr.

Un conseil : si un jour quelqu’un lisant ce site prend la très bonne décision de partir en Guinée, qu’il n’oublie pas d’aller serrer la pince de Djouma.

Une partie de la clique des neveux et nièces de Djouma.

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5 réflexions sur “Djouma « Fleur »

  1. Rencontré pendant des vacances dans le Fouta le mois dernier. Un être qui vous réconcilie avec l’humanité !

  2. Aïssatou BARRY dit :

    Je suis fière de toi koto Djouma

  3. Elhadj bobo sebory barry dit :

    franchement c’est magniphique d’avoir valorisé mon village

  4. BARRY Amadou dit :

    Mon frère Djouma mérite un prix Nobel de l’environnement, je ne sais quand les écologistes viendront le dénicher à Sebhory dans la préfecture de Dalaba à 362 Km de la capitale Conakry. J’interviens en tant que témoin de ses œuvres réalisés au Fouta à savoir: la lutte contre la déforestation, l’élevage, la lutte contre l’échauffement climatique, la sensibilisation des jeunes contre les feux des brousses, l’apiculture et la pollinisation etc…

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