1000 francs qui en valent 10000

L’histoire du jour, c’est une histoire qui date d’il y a quelques jours. Elle est à la fois navrante et très marrante. Ok, surtout très marrante.

Je suis à Conakry, dans la voiture de Jonathan, qui m’accueille et dont je regrette d’ailleurs de ne pas avoir noté toutes les anecdotes africaines (car il en a beaucoup, des anecdotes africaines, et des sacrément pimentées !). Nous allons dans un restaurant ou dans un bar, en tout cas il est 23h passées. Car à 23h, les barrages s’installent dans Conakry – même si le Président les a officiellement interdit la semaine précédant mon arrivée, après un fâcheux incident dans une ville de province.

Je déteste les barrages : un bon gros groupe de militaires (ou autre, en fonction de la situation politique du pays en question) ferme la route, check les voitures de façon absolument aléatoire ou systématique, aboie toujours un peu pour faire genre, tout ça, in fine, d’une façon ou d’une autre, pour réclamer un billet. Pour de vrai, il ne se passe jamais rien de plus qu’une longue attente, des négociations et un petit échange, ou pas d’ailleurs, car plein de gens passent sans rien donner, heureusement. Je déteste ça. Vraiment, ça me tend.

Alors que je lui explique que je suis toujours moyennement à l’aise dans ces situations, Jonathan me dit : « Je comprends, mais en réalité, les mecs ne sont pas méchants ici, c’est presque un truc culturel. Je vais te montrer un truc. »

Prochain barrage, Jonathan s’arrête, ouvre sa fenêtre, parlemente, blague, y met les formes, et croyez le ou non, le militaire nous lâche un billet de 1000 francs guinéens (soit quelques centimes d’euros, mais peu importe, c’est ce qu’ils demandent eux mêmes), tout penaud… J’avais beaucoup, mais alors beaucoup beaucoup, de mal à contenir mon fou rire dans la voiture à partir du moment où j’ai compris que ça allait marcher, que Jonathan était en train de tranquillement renverser la situation !

« Tu vois, le truc, c’est que c’est tellement ancré chez eux, qu’il suffit d’être le premier à demander le ‘petit cadeau’ quand ils arrêtent ta voiture. Ils ne peuvent pas refuser, ça serait trop impoli. »

Des barres, des grandes barres de rire. Et une bonne façon de déstresser au passage de tous les barrages qui suivront.

NB : le billet sur la photo, c’est le vrai, la relique, l’objet de toutes les convoitises, sorti de la poche de chemise de notre cher militaire guinéen.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s