Nadine Bari

L’histoire personnelle de Nadine Bari se confond avec l’histoire de la Guinée moderne, de la Guinée de l’après indépendance, de la Guinée des années noires de Sékou Touré.

Nadine Bari est Française, comme son nom ne l’indique pas. Étudiante à Paris, elle rencontre son futur mari à l’université. Lui est Guinéen. Il est Peul, s’appelle Bari comme beaucoup d’entre eux et vient de la région du Fouta Djallon.

En 1964, Nadine Bari et son mari s’installent en Guinée. Il est haut fonctionnaire, elle travaille à l’ONU.

Un peu d’histoire : en 1958, en rejetant la proposition du Général De Gaulle d’intégrer une Communauté française, la Guinée devient indépendante, avec Sékou Touré pour Président. Son régime va vite devenir une dictature brutale, avec camps d’enfermement, peurs paniques des complots, persécution des étrangers, exécutions publiques, et tutti quanti.

A partir du début des années 1970, il ne fait plus bon du tout être un couple mixte en Guinée. La psychose de l’espionnage est à son paroxysme ; la France est l’ennemie impérialiste. Nadine Bari arrive alors – avec beaucoup de difficultés – à partir en France avec ses quatre enfants, tandis que son mari se fait arrêter alors qu’il tente de quitter le pays pour les rejoindre quelques mois plus tard.

Nadine Bari mettra 15 ans à savoir ce qui lui est arrivé après son arrestation, ne sachant pas, pendant de longues années, s’il est même mort ou vivant.

Après la mort de Sékou Touré en 1984 et le changement de régime, Nadine Bari revient en Guinée, d’abord un peu, puis s’y réinstalle définitivement à sa retraite. Elle y créé une ONG, Guinée Solidarité, et commence à écrire.

Son premier livre, publié en 1983, raconte ses 11 premières années de recherches menées depuis la France pour savoir ce que le régime avait fait de son mari, ainsi que de ceux des autres Françaises dans la même situation qu’elle. Ca s’appelle Grain de sable : les combats d’une femme de disparu, et c’est un bel ouvrage.

Les livres qui suivront sont tous « guinéens » évidemment, mais s’éloignent pour certains de ce contexte particulier.

Nadine Bari est super active, ses deux maisons (à Conakry et dans le Fouta Djallon) sont toujours remplies d’invités, de passage, d’idées, de discussions qui durent toute la nuit. Un Guinéen qui la connaît bien m’a dit l’autre jour, avec un immense sentiment de respect dans la voix : « Nadine Bari a énormément œuvré pour la Guinée. Nous lui devons tous beaucoup. »

Discussions avec Nadine Bari, du 19 au 21 juin 2012.

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Une réflexion sur “Nadine Bari

  1. kangne Barry dit :

    Bonjour madame Barry. C’est un grand plaisir de pouvoir m’adresser a une aussi grande dame que vous. J’ai suivi vos traces et chacune des etapes de votre vie constitue pour moi un exploit. Je suis fiere de votre panorama. J’aimerais bien correspondre avec vous en vue d’un echange qui j’en suis certaine m’ouvrira des chemins riches d’enseignements. Je loue votre courage, votre humanisme, votre combat . Je vous souhaite plein succes dans votre parcours digne et noble. Mes benedictions vous accompagnent.

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