Aboudia

Photo de Finbarr O’Reilly, Reuter.

L’histoire d’Aboudia est assez surprenante. C’est celle d’un jeune Ivoirien, qui, ayant terminé ses études d’art, décide d’en faire sa vie. Il travaille, trouve ses sujets et son approche, galère beaucoup sur le plan financier, participe à quelques expositions collectives à Abidjan, notamment au Centre Culturel Français, travaille encore.

Quelques œuvres de jeunesse (2006) !

Au début de l’année 2011, alors que la Côte d’Ivoire s’enlise dans une grave crise politico-militaire, les choses s’accélèrent pour Aboudia. Vitesse très grand V.

En tout début d’année, il rencontre celui qui deviendra son agent, Stefan Meisel ; en mars, un journaliste de Reuters écrit un article élogieux sur son travail, formidable et émouvante illustration de l’actualité et de la réalité ivoirienne, article immédiatement repris par plusieurs grands médias internationaux, en France, aux Etats-Unis, en Chine, ailleurs ; du 31 mars à début avril, alors que la bataille d’Abidjan bat son plein, il se réfugie à la Villa Kaïdin, située dans un quartier en plein cœur des combats, où il peint nuit et jour ; en avril, la presse internationale fait de son travail un symbole de la période politique qui se clôt, les articles s’enchaînent, les galeries et les collectionneurs le découvrent ; en mai, la galerie Jack Bell à Londres organise sa première exposition solo, Aboudia obtient un visa et s’y rend ; en août, la Saatchi Gallery acquière deux de ses toiles, puis deux autres en septembre ; en septembre encore, il se rend à Johannesburg pour l’exposition que lui consacre le Goethe Institute ; en octobre, il visite New York car, oui, j’avais oublié de le préciser, Aboudia a entre temps gagné sa Green Card à la loterie américaine, ayant un jour de 2009 tenté sa chance, comme des milliers d’autres !

Certaines histoires sont plus courtes à raconter que d’autres.

Celle-ci illustre, certes, la folie du marché de l’art, mais aussi les qualités de ce tout jeune peintre qui s’intéresse depuis toujours à l’art de la rue, de ses murs et de ses gens. Souvent comparé à Jean-Michel Basquiat, les graffitis et les collages d’Aboudia en ont en tout cas la force.

Une toile récente d’Aboudia à droite (pas la meilleure à mon sens), et à gauche, les super sculptures de Camara Demba.

Ci-dessous, deux des tableaux présentés à la biennale de Dakar.

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2 réflexions sur “Aboudia

  1. GK dit :

    Comment rencontres tu tes « belles personnes » Margaux et sur quels critères les choisis-tu?

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