Three days in Lomé

A 11h, le douanier tamponne notre passeport à la frontière entre le Ghana et le Togo ; à 11h05, un taxi moto nous dépose devant notre hôtel ; à 11h10, nous pensons la même chose : Lomé va nous plaire.

Tout petit pays coincé entre le Ghana, le Bénin et l’océan Atlantique (56 km de large – c’est peu), le Togo m’a fait forte impression. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre : non seulement, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on parle peu du Togo en dehors du Togo, et surtout, nous sommes arrivés pendant trois jours de manifestations pacifiques organisées par l’opposition et violemment réprimées par le gouvernement (au pouvoir, père puis fils, depuis 45 ans) – cf. ici. Je n’avais aucun a priori négatif ou positif, je ne savais juste absolument pas où je mettais les pieds.

Et quelle belle surprise. Comme on visite parfois une capitale européenne en un long weekend, nous sommes seulement restés trois jours à Lomé. Une découverte évidemment faussée parce que trop rapide, j’en suis consciente, et pourtant…

Lomé est une ville de bord de mer et cela se ressent. Une avenue longe l’immense plage (pas trop sale et pas construite du tout, incroyable mais vrai), qui m’a fait penser à la Croisette à Cannes. L’autre avenue principale forme un arc de cercle à partir de cette première avenue, elle s’appelle d’ailleurs Boulevard Circulaire, en toute logique. A l’intérieur de ce demi-cercle se trouve le centre-ville où le marché prend presque toute la place, et autour, les quartiers résidentiels et de bureaux et à quelques km, toujours sur le bord de mer, le port. Simple et efficace. Le Togo a été sous protectorat allemand de la fin du XIXème siècle jusqu’à la première guerre mondiale, je ne peux m’empêcher de me demander si cette organisation ne date pas de cette époque là !

Le marché ressemble à tous les autres marchés de cette partie du monde, mais nous a pourtant paru plus beau, plus propre, plus sympa, plus doux que tous ceux dans lesquels nous avons rodé jusqu’ici. Nous y avons passé de longues heures, en slalomant sous le soleil brûlant entre les klaxons des moto taxis, les gigantesques paniers sur les têtes des femmes, les couleurs des pagnes et les milliers de toutes petites échoppes, ou alors, marchant un peu plus tranquillement dans les immeubles du marché couvert (au rez de chaussée, fruits, légumes et produits de beauté ; au premier étage, tissus à perte de vue ; au dernier étage, coiffure, produits de beauté encore, papeterie et autres menues choses).

Un truc que je ne comprendrai jamais dans les marchés africains, c’est pourquoi les vendeuses d’un même produit s’installent systématiquement à côté les unes des autres. Dans ces marchés ou sur le bord des routes, on peut trouver des vendeuses de tomates sur 50 mètres puis plus de tomates du tout, ou presque, mais 50 mètres de paniers d’oignons, puis les pagnes et là-bas le pain. C’est étrange. Si je veux des tomates, pourquoi alors choisir un stand plutôt qu’un autre ? Je regarde les femmes, elles ont toutes l’air sympa, leurs tomates coûtent précisément le même prix, elles ont la même forme et la même couleur. Alors que faire ?

Ce que j’ai aimé à Lomé, c’est aussi le quartier de notre hôtel : de grandes rues de sable, quelques jolies maisons a priori (mais les murs sont hauts en Afrique), des maisons plus simples, des façades aux couleurs passées et puis bien sûr quelques minuscules boutiques « alimentation générale » et des maquis. Les maquis, ce sont les bars d’ici, où l’on s’assoit à une table en bois ou en plastique, de toute façon recouverte d’une toile cirée Coca-Cola, sur la terrasse, donc dans la rue, avec un fond de musique, pour boire un Coca ou une bière et commander des brochettes aux femmes qui les préparent un peu plus loin dans la rue.

A Lomé, nous avons repéré dès le premier jour un minuscule café pour le matin (une petite cahute en bois devant laquelle sont installés deux chaises et une table) et un maquis pour le reste de la journée. Nous y avons passé pas mal de temps, à regarder la vie d’une rue que l’on croirait déserte mais pourtant si pleine de vie, de passage, de discussions. Au début, comme toujours, les gens nous regardent un peu de loin et les enfants nous sautent dessus en criant « Bonjour le blanc, ahahahaa », et puis peu à peu chacun s’habitue à l’autre, on oublie peut-être notre présence, on peut rentrer si on le souhaite dans la discussion de la table d’à côté, poser une question ou ne rien dire. Le lendemain, lorsqu’on arrive, la propriétaire va directement préparer ce qui est devenu notre table et nous salue le plus naturellement du monde, comme si nous avions toujours fait partie du décor de sa rue.

Avec quelques balades en moto taxi, un petit tour à un musée d’art premier fermé mais en fait ouvert (je ne pose pas trop de questions, tu ne poses pas trop de questions, il ne pose…) et à une galerie d’art contemporain et bien sûr de longues promenades dans le marché, nous n’avons pas « fait » grand chose à Lomé. Nous sommes juste restés là, un peu écrasés de chaleur et de fatigue, dans ces rues si calmes et si douces.

Je pense que je reviendrai un jour au Togo.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s