Le batik c’est fantastique

Dans tous les marchés artisanaux de Maputo, on voit des scènes comme ça.

Batik

De jolis petits ou grands morceaux de tissus colorés à l’infini. La plupart représentent des « scènes africaines » (les touristes adorent) ou des « scènes de la savane » (les touristes en raffolent). Les couleurs sont fortes, presque criardes. Les tissus sont un peu gras, à cause de la cire utilisée pour fabriquer ces petits tableaux.

Ça s’appelle des batiks. Ça a l’air d’être vite fait mais en vrai, c’est un long processus pas si évident que ça.

Mode d’emploi avec Cumaio, un batik-man Mozambicain, qui vend ses œuvres – très différentes du reste et pas mal du tout – au marché FEIMA à Maputo.

1- Sur un morceau de coton blanc, Cumaio dessine un motif au Bic au centre d’un rectangle obligatoire, sur tous les batiks, en tout cas tous ceux que j’ai vu.

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2- Le travail à la cire commence alors. Il trempe une sorte de stylo à réservoir en bois et fer dans un petit pot de cire fondue, qui reste en permanence au dessus d’un mini foyer à charbon de bois. Cumaio trace des lignes ou colorie certaines parties de son tissus avec son home made stylo. Et franchement, c’est chaud. Chaud de chaleur et chaud à manier.

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3- Étape trempage. Le tissus encore blanc mais partiellement recouvert d’une fine couche de cire est plongé dans un bac d’eau mélangée à des pigments d’une couleur, naturels et non indélébiles. Nous, pour notre petite démonstration, on fera du bleu et du jaune. Puis séchage en plein cagnard. Normal on est à Maputo. Puis l’attente.

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4- Quand le tissus est sec, Cumaio le reprend sur ses genoux et recommence l’étape 2, mais sur d’autres zones du tissus/dessin. Vous devriez commencer à comprendre le principe : en appliquant de la cire sur le tissus, on « emprisonne » la couleur sous la cire, le reste du morceau de tissus se colorant lorsqu’il est plongé dans un bain de couleur, mais pas la partie protégée par la cire. Smart, je sais.

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5- Nouveau bain, d’une autre couleur bien sûr, orange en ce qui nous concerne. Puis bain de soleil.

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6- Et ça recommence comme ça pendant un bon moment. Autant de fois qu’il y a de couleurs sur le batik en question. Ça peut être une dizaine. Ça peut être long. Et fastidieux. Si la grande majorité des batiks ne sont pas transcendants visuellement, ils ont tous nécessité autant de travail. A la main, parce qu’à ma connaissance, les Chinois n’ont pas encore inventé de machine à batik. De quoi ne pas dénigrer ces morceaux de tissus d’un revers d’œil trop rapide.

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Et pour finir, voici ma croûte personnelle après la première étape de trempage…

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Une réflexion sur “Le batik c’est fantastique

  1. essoh dit :

    magnifik ce que vous faites

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