Mario Macilau

Mario Macilau

Le type se marre tout le temps. Au début, tu as l’impression que la phrase que tu es en train de prononcée est vachement drôle, ou qu’il se fout sacrément de ta gueule. Mais en fait non, Mario Macilau se marre juste. Il est de bonne humeur et de bonne composition.

Il n’a pas la tête de l’emploi. En sortant du Centre Culturel Franco Mozambicain – ou du Franco, comme on dit ici – intriguée par l’exposition que je venais d’y voir, j’avais pensé contacter un photographe relativement âgé, de ceux qui ont eu une vie derrière eux pour mûrir leurs images. Et puis en fait non. Mario Macilau est jeune, à la cool, frétillant et s’est mis à la photo en 2008, sans formation académique.

Sa dernière exposition s’intitule Esquecidos. Elle parle de la vieillesse, de ses différents visages, de ceux qu’elle se donne et de ceux qu’elle donne aux autres. Les vieux photographiés par Mario Macilau vivent à la campagne, un peu partout en Afrique. Il s’est dit qu’il exposerait ces photos par terre, en recouvrant le sol de la galerie de morceaux de bambous. Pour y entrer, on doit enlever ses chaussures et nous aussi marcher sur la terre africaine. Ou presque. Je ne sais pas si le principe m’a tout à fait convaincu, mais peu importe, Mario Macilau ne cherche pas à en faire plus que ce qu’il est : des pousses de bambou sur le sol qui t’obligent à te déchausser. Tranquilou.

Mario Macilau

Mario Macilau

Mario Macilau

Mario Macilau

Je trouve par ailleurs particulièrement chouette un long et fastidieux projet qu’il a mené au Grande Hotel, dans la ville de Beira, au Mozambique. Hôtel autrefois splendide, chic et choc, construit en 1955, il a été abandonné en 1963 et progressivement occupé par des familles pauvres, devenant une sorte de camp de réfugié pendant la guerre civile, sa piscine olympique et ses 130 ex-chambres abritant toujours aujourd’hui des centaines de familles « squatteuses ». C’est une drôle d’histoire du pays qu’il raconte, et que Mario Macilau transmet bien, je trouve, avec ses photos (cf. ici pour un portfolio de cette série et ici pour celui de Hector Mediavilla, avec qui il a travaillé sur ce projet). 

Que recherche Mario Macilau, avec ses portraits souvent serrés ? « I want to put dignity in people’s faces. »

Conversation avec Mario Macilau, le 16 février 2013 à Maputo.

Pour plus d’images et d’histoire sur le photographe, cf. un bon article sur le site Buala, en portugais cependant.

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