Celestino Mudaulane

Mudaulane

Celestino Mudaulane est Mozambicain. Comme pas mal d’autres artistes de ce pays, il a appris et apprécie la céramique. Sauf que ses céramiques à lui sont un peu particulières : en plus de ne ressembler à aucunes autres, elles sont GÉANTES.

Ma question : mais comment fait-il? Parce que la céramique, par définition, impose de respecter un certain processus, notamment celui de la cuisson. Et j’imagine que ça peut devenir un peu galère, de cuire de telles pièces.

Sa réponse :construire un four à sa mesure, bien sûr. Le four en question se trouve dans le jardin d’une école d’art récemment ouverte à Maputo, où Celestino Mudaulane enseigne.

Celestino Mudaulane

Celestino Mudaulane

Il m’y a présenté l’une de ses sculptures préférées. Colorée, bordélique, amovible, cette immense patte est en fait un ode aux femmes, ou plutôt aux mères. Chaque petit morceau veut dire quelque chose pour Celestino, et comme il le raconte mieux que moi, je préfère ne pas essayer de le retranscrire ici. Chacun y verra ce qu’il voudra y voir. C’est souvent mieux comme ça de toute façon.

Celestino Mudaulane

Celestino Mudaulane

Celestino Mudaulane

Celestino Mudaulane est aussi dessinateur. Ses dessins – en noir et blanc ou ultra colorés – ont des drôles de traits, un peu comme s’il représentait des peintures tribales. Ils racontent tous une histoire, que l’on peut comprendre comme des critiques sociales ou juste comme de petites histoires.

Celui-là par exemple traite de la polygamie. Le Papa au milieu, les deux Mamans sur les côtés et tous les enfants autour.

Celestino Mudaulane

Celui-là, la chasse. Il y a un rhino dans le coin en haut à droite qui se fait tirer dessus alors qu’il est presque le dernier sur terre. Tandis que d’autres animaux, sur le reste de la surface du dessin, sont chassés, mais avec cohérence.

Celestino Mudaulane

Celestino Mudaulane ne se prend pas au sérieux. Quand il décrit le thème de ses sculptures ou dessins, il est mort de rire. Il les remplit à ras bord de références – dont beaucoup ne sont lisibles que par lui-même – et il adore. Il parle de sujets graves – souvent – mais avec beaucoup d’ironie. Ça doit être lié, en plus de sa personnalité, à un truc mozambicain, car j’ai retrouvé le même sourire amusé, amusant et intriguant chez tous les artistes que j’ai rencontré à Maputo. J’adore le Mozambique.

Conversation avec Celestino Mudaulane, le 19 février 2013 à Maputo.

En bonus, une chouette photo de Celestino, prise par le super photographe Filipo Branquinho.

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