Sur le budget d’un voyage en Afrique

Avant que je ne parte pour mon voyage africain, plusieurs personnes de mon entourage m’ont fait des réflexions du genre : « En tout cas c’est cool, tu ne vas pas dépenser beaucoup d’argent. » Sous entendu : Afrique, pauvreté, misère, bidonvilles. Forcément bon marché pour la parisienne que je suis.

Recommençons à zéro.

Non seulement les trois mots cités plus hauts ne décrivent qu’une minuscule réalité du continent – j’espère qu’après 10 mois de lecture assidue de ce blog vous l’aurez compris – mais y voyager coûte cher.

Quelques informations/conseils pour ceux qui auraient envie de faire un voyage africain, ou dans un pays africain.

1- Les vols d’avion Europe-Afrique ou États-Unis-Afrique sont relativement onéreux. Pas de promo-vacances à 300 ou 400 euros comme pour un Paris-NY. Mais le vrai problème, en ce qui concerne l’aviation civile africaine, ce sont les vols intra Afrique. Hors de prix en plus d’être incroyablement compliqués – et parfois moyennement liste noire. Une grande blague en Afrique est de dire qu’il vaut parfois mieux repasser par Paris pour aller à Kinshasa depuis Douala…

La solution : utiliser les minibus, bus et autres transports collectifs routiers qui sont tout à fait abordables (7 euros pour un trajet de 7-8 heures au Sénégal en taxi collectif ; 40 euros pour un Maputo-Johannesburg dans un bus de luxe). Mais il faut avoir le temps, le dos solide et pas mal de patience.

Un conseil : si vous prenez l’avion, fermez bien vos sacs qui partent en soute, ils sont visités régulièrement.

2- Le rapport qualité-prix des hôtels peut atteindre des records. Dans le mauvais sens du mot record. De nombreux pays sont peu touristiques (Afrique de l’Ouest et Centrale en particulier) et leur hôtellerie est donc mal adaptée aux voyageurs en règle générale et aux voyageurs à petit budget en particulier.

On trouve : des hôtels de luxe dont les prix sont souvent comparables à ceux des plus beaux palaces parisiens ; des lodges de super mega luxe dans des réserves, sur la côte, sur des îles, souvent tenus par des étrangers ; des hôtels – les plus courants – sans charme du tout, juste une maison en béton avec des chambres sans effort ni décoration (c’est un euphémisme), parfois propres, parfois moyennement propres, hôtels anonymes et étonnamment chers (compter entre 10 et 50 euros par nuit pour une chambre simple, en fonction des pays et du lieu) ; des hôtels de passe ou pas loin, pour le coup pas chers du tout (5 à 10 euros par nuit), inutile de dire qu’ils ne sont pas toujours resplendissants de blancheur, mais bon, ça passe, pour ainsi dire ; en Afrique de l’Est et de plus en plus en s’approchant du Sud, on trouve sur la côte des resorts style Club Med ou bien des auberges de jeunesse pour backpackers à petit budget, au style toujours moitié rasta moitié de toute les couleurs moitié « je suis jeune je suis cool je me fous du reste ». Si on trouve leur réplique exacte en Asie du Sud Est (ou au Mexique, en Argentine, à Bali, etc.) pour l’équivalent de 1 à 5 euros par nuit, leurs copains africains tablent plutôt sur du 10-15 euros par nuit.

La solution : alterner les genres d’hôtels histoire de ne pas devenir fou en ne dormant que dans des chambres tristes. Être à l’affût de tous les bons plans, genre guest house adorable au prix super raisonnable, et il y en a. Mettre en marche son réseau de copains qui vivent dans les pays traversés.

Un conseil : si vous n’avez pas de worldwide copains, inscrivez-vous sur CouchSurfing.

3- Les visas : une cinquantaine de US dollars par visa, avec des petits pics genre Côte d’Ivoire (110 euros) ou Mozambique (86 US dollars à la frontière). En ce qui concerne les pays que j’ai traversé : en Afrique de l’Ouest, les visas doivent se faire à l’avance, donc depuis la France ou à l’Ambassade du pays en question dans un pays limitrophe (sauf Côte d’Ivoire qui doit être fait dans son pays de résidence). En Afrique de l’Est et du Sud, les visas peuvent tous se faire à la frontière (sauf Rwanda qui doit être fait sans son pays de résidence). En Afrique Australe, les visas sont souvent gratuits.

4- Il est vraiment possible de ne pas se ruiner en nourriture en allant dans les marchés qui regorgent de produits frais super abordables ou dans des restaurants locaux (où les plats typiques et souvent végétariens coûtent l’équivalent de un ou deux euros).

5- Toute visite dans un parc animalier ou autre réserve naturelle coûte une tonne, mais ça, ça n’est pas étonnant et ça dépend beaucoup de la façon dont les choses sont organisées, donc ne nous attardons pas.

Il me semble que j’ai à peu près fait le tour des grands postes de dépense d’un voyageur. En tout cas je ne pense à rien d’autre maintenant. Ah oui, et une dernière chose : tout se négocie en Afrique. Tout. Et ça n’est pas une insulte de négocier, pas du tout.

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