Farguade

« Il faisait nuit à Ouagadougou. Dans la salle des guichets d’immigration planait une humidité chaude et chargée qui m’a fait pensé : « Un air à couper au couteau ». Une clameur humaine incessante, des interjections, des visages noirs partout, des vêtements aux couleurs ternies, des cigarettes qu’on allume, des tubes de néons à vif fixés au plafond, des murs nus écaillés et auréolés de moisissures qui résonnent. Ca sentait la sueur, la crasse, le carton moite et le tubercule. Ma chemise et mon pantalon avaient chiffoné aux aisselles et à l’aine. Jamais je ne m’étais rendu aussi loin vers le Sud mais, dans ce choc étourdissant de la nouveauté, cela me paraissait étrangement familier, tout me remontait en mémoire comme les échos d’une vie antérieure. »

Nicolas Fargues, Tu verras.

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Une réflexion sur “Farguade

  1. pillot dit :

    merci pour ce beau texte tellement vivant , de réalité, de temporalité vrai.
    Cela permet de relativiser l’absurdité de ma ville européenne…………..
    Je suis toujours dans ta poche la plus légère possible.

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