La ruée vers Woodstock

Woodstock, c’est un peu le Brooklyn capetonien. Quartier tout proche du centre ville – qui en est séparé par une frontière physique, la Hudson River à NY et l’entrée de la N1 à Cape Town -, on aurait pu, encore récemment, l’appeler « populaire », « industriel » voire « dangereux-pour-les-blancs-en-goguette ». Des entrepôts et usines progressivement désaffectés, des maisons basses de toutes les couleurs, des supermarchés discount, de petits commerçants partout, des habitants en grande majorité noirs et coloured (on dit « métisse » en France), une vie de quartier évidemment liée au centre-ville mais autonome malgré tout et plein d’autres choses.

Woodstock

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Aujourd’hui, tout cela se transforme à mille à l’heure ; la gentrification bat son plein. Les djeuns cools ont pris le quartier d’assaut. Ils prétextent le mélange des genres et des gens mais je ne suis pas tout à fait convaincue. Il s’agit surtout d’un glissement de population. D’une nouvelle couche de peinture et de projets dans de superbes et gigantesques bâtiments qui en ont vu d’autres. Formule universelle d’une ville qui grandit. J’ai comme une petite boule de poils qui reste coincée dans ma gorge à la vision de ce quartier qui se fait repousser, mais je dois bien avouer qu’il s’y passe malgré tout des trucs sacrément chouettes. Et un peu plus chaque fois que je viens à Cape Town.

Comme Brooklyn, donc. Mais pas encore tout à fait comme Bedford Avenue (ouf).

Woodstock a la chance, en plus de tout le reste, d’être canon : entre vieux immeubles en briques, maisonnettes multicolores, vues de fou sur Table Mountain et grandes avenues entrecoupées de petites rues.

Woodstock

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Woodstock

Comme je l’ai fait pour d’autres villes : voici un petit tour culturelo-artistique de ce drôle de quartier.

Les premiers à avoir tablé sur le potentiel de Woodstock sont les galeries d’art et en particulier les trois principales de la scène sud africaine – selon moi et d’autres – Stevenson Gallery, Goodman Gallery et What if the World. C’est la base du quartier. La structure. Celles vers qui je me retourne toujours. Leurs expositions changent tous les mois environ et les artistes qu’elles représentent sont la crème.

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À noter, quelques autres art spaces / studios qui valent le coup d’œil : Blank Projects (juste en face du bloc Stevenson/Goodman, espace relativement récent qui tente une nouvelle approche de la galerie commerciale, pas inintéressant), /A Word of Art (dans LE mall cutlurelo-commercial du quartier, j’en reparlerai, vaste projet du street artist Ricky Lee Gordon) et Greatmore Studios (un peu plus loin, jamais très loin, surtout un lieu de résidence d’artistes).

Woodstock

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Au rez-de-chaussée du 176 Lowry Road (immeuble qui abrite la Goodman Gallery, pas mal de bureaux de jeunes et moins jeunes entreprises-cools et juste à côté de la Stevenson Gallery), on trouvait il y a encore peu de temps l’espace de Bell-Roberts Publishing, l’éditeur de la bien nommée Art South Africa, revue sur laquelle tout le gratiné du monde de l’art sud africain se jette tous les trois mois. Cette année, j’ai découvert une boutique de chaises design à la place de Bell-Roberts Publishing. Mais cette adresse est toujours indiquée sur le site internet de la revue. Mystère.

Sur l’une des deux grandes avenues parallèles qui dessinent Woodstock, a lieu tous les samedis matin le plus grand regroupement jamais imaginé de djeuns cools, ceux-là même dont je parlais plus haut. C’est le Neighbourgoods Market. Immense marché semi-couvert, il regroupe des designers, des antiquaires, des créateurs de bijoux et autres sacs à dos, et surtout des stands de nourriture et boissons tous plus bons et bios les uns que les autres. Le hot spot pour se remettre de sa soirée du vendredi tout en étant assuré de croiser les copains de la veille. Ce marché, créé en 2006 par un duo Américano-Sudaf’, est, avec les galeries citées plus haut, le vrai déclencheur de la « ruée Woodstock ». Et puis, ça a beau m’agacer de voir autant de hipsters d’un coup, j’avoue apprécier ce petit pèlerinage du samedi matin…

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Un peu plus haut sur la même avenue, impossible de rater l’immeuble Woodstock Exchange, un genre de mall culturelo-commercial avec plein de créatifs dedans : cafés/restaurants simples et bons, boutiques de sacs à dos (décidemment), coiffeur spécialisé coiffure cool, galeries de sous les fagots, bureaux participatifs avec baby-foot et autre boutiques de fixie.

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Un peu d’ironie ne fait jamais de mal.

Au milieu de tout ça, des ruelles très jolies, beaucoup de grands et beaux graffitis sur les murs, une mixité sociale et raciale encore un peu préservée, des studios d’artistes planqués dans d’anciens entrepôts, une vie culturelle en accéléré et peut-être une rencontre marrante au coin de la rue.

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2 réflexions sur “La ruée vers Woodstock

  1. Ah j’ai beaucoup aimé Woodstock, c’est juste une ville mythique pour moi, où l’art et l’histoire sont omniprésents

  2. Clara dit :

    C’est toujours aussi cool de pouvoir suivre tes aventures, jolie cousine ! J’ai oublié le début…il me manque des étapes, mais une chose est sûre : vivement que tu reviennes !
    Parce que l’air de rien, je suis sûre que tu as des centaines d’anecdotes à nous raconter « en live »… Des bisous

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